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Des débuts laborieux

août 4, 2014 by Découvrir, Trie-sur-Baïse No Comments

Des débuts laborieux

La ville se construisit, son fonctionnement se mit en place. Et comme annoncé, les habitants de Trie durent se ruiner pour construire leur Bastide : monuments publics, églises, fortifications. Les terres, auparavant sans valeur, commençaient à être défrichées : bientôt elles pourraient être productrices. La Bastide, encore à l’état embryonnaire, se développait petit à petit dans la précarité… lorsque arrivèrent les Anglais.

En 1356, le roi de France, Jean Le Bon, est battu par le Prince de Galles à Poitiers et la défaite est retentissante. Le Prince de Galles, surnommé le Prince Noir à cause de la couleur de son vêtement, entreprend une chevauchée ravageant le Limousin, l’Auvergne, le Berry. Mais il n’en est pas à son coup d’essai car en 1355 il a déjà conduit une foudroyante expédition: un aller-retour de Bordeaux jusqu’à Narbonne dont les Français du midi ont conservé des souvenirs horrifiés de pillages, de meurtres et de récoltes ruinées tandis que lui-même en retirait un immense butin et un prestige considérable.
Cette triste période devait se terminer par le désastreux traité de Brétigny de 1360 par lequel la Bigorre et vraisemblablement les enclaves passaient aux mains des Anglais. Mais dans les années qui ont précédé cette bataille de Poitiers, des bandes anglaises ont atteint Trie après avoir envahi la Gascogne et pillé les villes d’Aignan et de Plaisance. Notons au passage que le château et l’église de Lubret sont brûlés, la Bastide de Saint-Luc est détruite, elle ne se relèvera pas. Malgré des fortifications encore très modestes (quelques tours avancées, un grand fossé et une palissade), Trie arrête le Prince Noir quelques jours et se défend. Une armée d’Armagnac de 300 hommes accourt, mais il est trop tard.
Trie est prise : pillages, saccages et incendies se succèdent. C’est alors qu’un personnage va lâchement profiter de cette faiblesse. Jean de Nay, prieur de Momères, qui était un partisan des Anglais fit enfermer des triais à la prison de Momères. Plus tard l’aveu tombe : il reconnaît les désastres de la ville auxquels il a collaboré et même participé. Il ne mâche pas ses mots : il évoque une Bastide rendue « inhabitable » avec « beaucoup de tués » ou des habitants « entraînés par la force des armes », « chargés de liens » ou « pendus ». Le siège des Anglais n’est malheureusement pas le seul fait saillant de cette seconde moitié de XIVème siècle. Elle sera frappée par la terrible peste noire et les disettes à répétition.

 

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